NOTE SUR LE DIOCÈSE DE VANNES

             Le diocèse de Vannes, issu des neuf évêchés historiques de Bretagne, a le même ressort que le département du Morbihan et dessert ainsi une population de 760 000 habitants, dont 95 000 catholiques.[1] Il comporte 281 paroisses, six doyennés et treize services diocésains. Il administre le sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray, une source de financement probablement importante. En particulier, le « grand pardon » qui se déroule à la fin du mois de juillet attirerait vingt mille visiteurs chaque année. 

            En 2018 et 2019, en dépit de l’augmentation de 28,7 % du produit des collectes, les comptes de l’association diocésaine de Vannes (ADV) ont enregistré de fortes pertes d’exploitation : celles-ci ont atteint respectivement 4,5 et 2,9 millions d’euros soit l’équivalent de 24,7 et 16,2 % des dépenses de fonctionnement (188 euros par catholique en 2019). Les recettes tirées de la générosité des fidèles (131 euros par personne en 2019) ont couvert les charges à hauteur de 59,3 % en 2018 et 69,3 % en 2019. Il importe de noter que les frais de personnel ont représenté 45 % des dépenses d’exploitation, contre en moyenne un gros tiers dans la plupart des évêchés. Le niveau élevé tant des charges - notamment de personnel - que des recettes rapportées au nombre estimé de fidèles s’explique probablement par l’activité du sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray.

 

            Inhabituellement lourdement déficitaire en 2018 (- 2,7 millions d’euros), en raison d’une dotation exceptionnelle aux amortissements et aux provisions, le résultat financier a été nettement positif en 2019 (3,6 millions d’euros), si bien qu’à lui seul il a largement couvert la perte d’exploitation de près de trois millions d’euros. En revanche, celui des opérations exceptionnelles s’est avéré modeste en 2018 (0,6 million d’euros) et insignifiant en 2019.

            Comme pour beaucoup d’autres diocèses, la stimulation de la générosité des fidèles et la mobilisation accrue des libéralités consenties par ces derniers restent des objectifs stratégiques à moyen et long terme pour l’ADV. Toutefois, la pression financière qui s’exerce sur celle-ci paraît moins vive dans l’immédiat en dépit des pertes d’exploitation constatées en 2018 et 2019. Au 31 décembre 2019, étaient en attente de réalisation plusieurs legs d’un montant global de 3,4 millions d’euros. Par ailleurs, le diocèse de Vannes dispose d’une importante trésorerie, comme il sera indiqué dans un instant.

            Le tableau suivant retrace les comptes de résultat de l’ADV pour les exercices 2018 et 2019 :               

                                                                                                                          En millions d’euros

CHARGES

2018

2019

 

2018

2019

RECETTES

Rémunérations

8,0

8,1

 

10,8

12,4

Produits courants

       

-

-

Dont revenus immobiliers

       

10,8

12,4

Dont fidèles

Autres

10,2

9,8

 

2,9

2,6

Autres

TOTAL

18,2

17,9

 

13,7

15,0

TOTAL

Résultat d’exploitation E

     

4,5

2,9

Résultat d’exploitation D

Résultat financier E

 

3,6 (2)

 

2,7 (1)

 

Résultat financier D

Résultat courant E

 

0,7

 

7,2

 

Résultat courant D

Rés. Op. Ex. E

0,6

-

     

Rés. Op. Ex.

Reprise nette sur fonds dédiés

     

 

   

Résultat net avant impôt et divers E

 

0,7

 

6,6

 

Résultat net avant impôts et divers

Résultat net après impôts et divers E

 

0,5

 

6,8

 

Résultat net après impôts et divers

             Source : compte de résultat du diocèse de Vannes

  • Dotation exceptionnelle aux amortissements et aux provisions de 4,2 millions d’euros
  • Reprise sur provisions de 2,7 millions d’euros

Censé donner une image fidèle de la situation financière du diocèse, le bilan de l’ADV ne reflète qu’incomplètement son patrimoine foncier et immobilier. Le commissaire aux comptes indique que deux cent-un immeubles provenant de libéralités ont donné lieu à une inscription à l’actif pour un euro symbolique, en 2019 seulement. Pour autant, le montant des valeurs immobilisées nettes, c'est-à-dire celui des biens comptabilisés à leur prix historique d’acquisition, déduction faite des amortissements, atteignait tout de même 23,6 millions d’euros en 2019. L’actualisation globale de ce montant en fonction de l’évolution de l’indice INSEE du prix des logements de 2000 à 2020 le porte à 36,4 millions d’euros, une somme encore largement inférieure à la valeur de marché des biens immobiliers du diocèse à laquelle il faut ajouter celle des deux cent-un immeubles inscrits pour ordre au bilan en 2019. Dans ces conditions, il ne paraît pas excessif de pronostiquer une valeur réelle du patrimoine immobilier du diocèse de Vannes comprise entre soixante-dix et quatre-vingts millions d’euros.

L’autre surprise qu’offre la lecture du bilan de l’ADV concerne l’abondance de sa trésorerie. Celle-ci s’élevait à 59,2 millions d’euros au 31 décembre 2019, dont 51,7 millions de parts d’organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), SICAV et fonds communs de placement. À cette somme, il faut ajouter les plus-values latentes de 0,9 million d’euros. Les disponibilités et les valeurs mobilières de placement représentaient l’équivalent de quarante mois de dépenses de fonctionnement.

Dans ces conditions, le diocèse de Vannes dispose d’importants fonds propres : plus de soixante-cinq millions d’euros, soit 2,8 fois le montant des valeurs immobilisées nettes en 2019. Le fonds de roulement de l’ADV est également remarquable : il ressortait à 42,5 millions d’euros en 2019. Pour autant, le diocèse était un peu endetté : l’encours d’emprunts souscrits auprès des tiers atteignait plus de quatre millions d’euros en 2019.

Le tableau suivant retrace les grands postes du bilan de l’ADV :    

                                                                                                                     En millions d’euros

ACTIF

2018

2019

 

2018

2019

PASSIF

Valeurs immobilisées nettes

24,4

23,6

 

65,4

65,9

Fonds propres

Dont immeubles et terrains

22,2

21,4

 

0,1

0,2

Provisions

Dont immobilisations financières (1)

0,9

0,8

 

65,5

66,1

S/TOTAL

Dont autres

1,3

1,4

       

Actif circulant

63,3

62,7

 

22,1

20,2

Dettes (3)

Dont stocks

-

-

       

Dont créances

2,8

3,1

       

Dont trésorerie et titres (2)

60,1

59,2

       

Dont autres

0,4

0,4

       

Divers

-

-

 

0,1

-

Divers

TOTAL

87,7

86,3

 

87,7

86,3

TOTAL

               Source : bilan du diocèse de Vannes

  • Soit 0,9 million d’euros de prêts consentis, en 2018, et 0,8 million en 2019.
  • Soit 55,7 millions d’euros de valeurs mobilières de placement et 4,4 millions de disponibilités en 2018 puis, respectivement, 51,7 et 7,5 millions en 2019.
  • Dont 4,6 et 4,2 millions d’emprunts et dettes financières diverses en 2018 et 2019.

    

Des propriétés du diocèse de Vannes

            Le diocèse de Vannes détient un vaste patrimoine immobilier, dont une bonne part n’avait jamais donné lieu à inscription à l’actif de son bilan. Ce n’est qu’en 2019 que deux cent-un immeubles y ont été pris en compte pour ordre à raison d’une valeur résiduelle de un euro seulement.

            L’exploration sommaire et superficielle de ce vaste patrimoine a permis de mettre au jour quelques éléments remarquables. Si le siège de l’association diocésaine n’a rien d’exceptionnel, celui de la Maison du diocèse et de l’Espace Montcalm constitue une source de revenus et présente une valeur de marché considérable. De même, des immeubles plus modestes, semblables à celui qui accueille le siège de la paroisse Saint-Pierre, révèlent les richesses insoupçonnées de l’Église.   

Siège association diocésaine – 14, rue de l’évêché – 56000 Vannes

       

Il est difficile de déterminer, même grossièrement, la valeur de marché de cet ensemble immobilier un peu disparate. Le prix du mètre carré se négocie 4 300 euros.

Maison du diocèse – 55, rue Mgr Tréhiou – 56000 Vannes

Construit immédiatement avant la Première Guerre mondiale sur le site de l’ancien couvent des Capucins édifié au XVIIe siècle, l’ancien séminaire de Vannes abrite à la fois les services diocésains et l’Espace Moncalm qui offre une capacité d’hébergement de 177 lits, d’importantes possibilités de restauration ainsi que de nombreuses salles de réunion parfaitement équipées. Situé très près du port, cet ensemble immobilier est entouré d’un parc de deux hectares.

À cette adresse le prix du mètre carré se négociant 4 700 euros et compte tenu des dimensions de l’édifice, il paraît raisonnable de fixer sa valeur de marché de vingt à vingt-cinq millions d’euros.

Espace Montcalm à Vannes

Au sein de la Maison du Diocèse de Vannes (ancien Grand Séminaire de Vannes), l’espace Montcalm propose hébergement (177 lits), restauration, mise à disposition de salles de conférences équipées. Située à 200 m du port, dans un cadre exceptionnel (parc de 2 ha).

Siège paroisse Saint-Pierre – 22, rue des Chanoines – 56000 Vannes

À l’adresse du siège de la paroisse Saint-Pierre, le prix du mètre carré atteint 4 300 euros. Cette maison de ville ancienne pourrait valoir de 400 000 à 500 000 euros.

  

[1] Application au département du Morbihan du taux France entière dégagé par le politologue Jérôme Fourquet et le démographe Hervé Le Bras dans leur essai La Religion dévoilée, nouvelle géographie du catholicisme, préface Emmanuel Todd, Éditions de la Fondation Jean-Jaurès, 2014. En l’espèce, compte tenu de l’influence de l’Église romaine dans cette région, le nombre de catholiques retenu dans l’étude est probablement sous-estimé.

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