Élèves ou adeptes ?

La hiérarchie cléricale manifeste clairement sa main-mise sur les jeunes consciences : la bénédiction des cartables fait partie du cérémonial de rentrée.

Cette année, par exemple, ont fait l'objet d'un articles dans Le Télégramme la bénédiction des cartables à l'école Notre-Dame de Kerdroguen à Colpo, à l'école Sainte-Hélène de Berné, à l'école Sainte-Jeanne d'Arc de Langonnet, à l’école Sainte-Marie de Landévant, à l'école Sainte-Anne de Nostang, à l'école Sainte-Anne de Séné, à l’école Saint-Joseph de Saint-Thuriau... sans exhaustivité, selon la diligence des correspondants locaux !

Et au titre de la loi Debré et des textes qui ont suivi, c'est l'état qui finance, qui recrute les enseignants avec l'accord d'un chef d'établissement, qui est leur employeur ; ils deviennent des contractuels de droit public.

Curieusement, alors qu'on cherche avec toutes les contorsions possibles à interdire, au nom de la « laïcité », aux mères de famille accompagnant des sorties scolaires de porter une tenue pouvant afficher des convictions religieuses, on se trouve face à des agents disposant d'un statut de droit public, chargés d'une mission de service public et à qui on n'impose, bien au contraire, aucune contrainte. Car les textes officiels le disent bien : il s'agit, pour ces établissements, d'un contrat d’association au service public de l'éducation.

L'état accepte donc, depuis des décennies, de former des adeptes à un culte, en contradiction avec les fondements de l'instruction publique telle qu'elle a été établie depuis la fin de XIXème siècle.

Plus que jamais, abrogation de toutes les lois anti-laïques !

Le conseiller municipal de Lanester, Alexandre Scheuer, de la France Insoumise, fait l'objet d'attaques personnelles depuis son vote le 30 novembre contre l'aide que la municipalité de Lanester apportera aux 9 élèves de la commune scolarisés à l'École Diwan de Lorient, soit 500 € par enfant.

Comme le précise Ouest France le 4 octobre, depuis 2001, en soutien au bilinguisme et à la culture bretonne, les municipalités successives votaient une subvention (non obligatoire) en même temps que celles pour les écoles privées de la commune.

Quinze élus ont refusé de voter cette subvention (six contre et neuf abstentions), ce qui est considérable. La subvention n’a été votée que par 20 élus. Alexandre Scheuer a pris position contre cette subvention en défendant l’école publique laïque et qualifié d’« inutiles » les subventions aux écoles non-publiques, compte tenu de la présence de filières bilingues dans les établissements publics de Lanester.

Il n'est pas surprenant que cette prise de position ait provoqué une réaction de violence chez les séparatistes de différents positionnements, qui exigent l'application de la loi Debré et de ses suites, dont la loi Molac. Mais il faut bien mettre en évidence la responsabilité de tous ceux qui, tout en parlant haut et fort de laïcité, ont mis en œuvre toutes les lois qui ont ouvert largement les fonds de l'État aux écoles privées et démantelé l'école publique, à commencer par les lois Debré (1959) et Guermeur (1977). Ceux qui, soit au gouvernement, soit dans l'opposition, ont maintenu et aggravé cette législation, tout particulièrement les ministres Savary, Rocard, Chevènement, Jospin ainsi que les accords Lang-Cloupet ; puis la loi Fillon (2004) qui oblige les communes à participer au financement de la scolarité des enfants résidant sur leur territoire, mais scolarisés dans une école privée d’une autre commune, la loi Carle qui aggrave la précédente. Et aujourd'hui Blanquer et Molac, bien entendu.

Nous restons fidèles aux 400 000 militants laïques rassemblés sur la pelouse du Bois de Vincennes le 19 juin 1960, représentant 10 813 697 citoyens et qui ont prononcé le serment de Vincennes :
« Nous faisons le serment solennel
• de manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à cette loi contraire à l’évolution historique de la Nation ;
• de lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation ;
• et d’obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’École de la Nation, espoir de notre jeunesse. »

Vannes, le 6 octobre 2021

La défense de la loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat,

Le combat pour l’abrogation de la loi Debré de financement de l’enseignement catholique :

Sur le Morbihan, c’est quoi concrètement ?

 

  • La construction immédiate du Lycée de Ploërmel, que les lycées catholiques veulent faire interdire
  • L’abandon de toute tentative de fermeture du collège public Montaigne, les mesures de carte scolaire et l’attribution des crédits nécessaires, contre ceux qui veulent le monopole du collège « du Sacré-Cœur »
  • S’attaquer aux déserts scolaires publics, comme dans le canton de Josselin, où la loi Debré permet à l’enseignement catholique de faire interdire l’ouverture des écoles publiques obligatoires : 63 communes sur 261 dans le Morbihan
  • S’attaquer au pillage des finances publiques par l’église catholique : les seules subventions de fonctionnement du Conseil Départemental aux collèges privés s'élèvent à 12.633.205€ en 2014, plus du double des mêmes subventions versées aux collèges publics (5.526.648€) : 42 collègues publics contre 46 catholique en 2008
  • Faire arrêter la prise en charge du bâtiment d’un collège privé Diwan à Vannes par le Conseil Départemental, ce qui serait précédent acquis pour l’enseignement catholique
  • S’adresser aux élus et représentants de l’État pour qu’ils cessent d’assister, comme élus et représentants de la République laïque, aux manifestations catholiques et religieuses
  • La fin des crèches catholiques installées récemment dans des bâtiments publics, comme dans le hall de la mairie de Pleucadeuc
  • Le déplacement hors d’un emplacement public du monument catholique « Jean-Paul II » à Ploërmel, avec son immense croix catholique de 8 m de haut, signe catholique ostentatoire interdit par l’article 28 de la loi de 1905, et déjà condamnée deux fois au Tribunal Administratif

Groupons-nous pour la manifestation du 5 décembre pour développer ces démarches et ces combats.

ANELALP

Association Nationale des élus locaux

Amis de la Libre Pensée

10/12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 PARIS

 

 

Communiqué

Lundi 2 avril 2018                                                    

Scolarité obligatoire à 3 ans ? Au bénéfice de qui ?

L’Association Nationale des élus locaux Amis de la Libre Pensée a pris connaissance de la déclaration du Président de la République : «J’ai décidé de rendre obligatoire l’école maternelle et d’abaisser de 6 à 3 ans en France l’obligation d’instruction dès la rentrée 2019»

L’ANELALP constate que cette annonce n’aura en pratique aucune conséquence sur la scolarisation des enfants de trois ans, puisqu’aujourd’hui, 97,6 % (et quasiment 100 % des enfants de 4 et 5 ans) vont déjà à l’école maternelle, et que rien n’obligera les parents des 26000 enfants concernés à les mettre à l’école (instruction à la maison).

L’ANELALP rappelle qu’à l’inverse, depuis des décennies, la multiplication de mesures contre l’école maternelle, et en particulier la chasse aux postes, entrainant la non prise en compte par l’éducation Nationale des enfants de deux ans dans les opérations de carte scolaire (sauf dans les zones dites « prioritaires » ) a fait chuter le taux de scolarisation de cette tranche d’âge de 35% en 1999 à moins de 11 % aujourd’hui.

Orientation confirmée il y quelques semaines par le ministre Blanquer, qui remettait en cause la scolarisation des enfants de deux ans.

Quels desseins cache cette éventuelle « scolarité obligatoire »

dès trois ans?

A qui servirait cette mesure ?

La réponse est simple : à l’école privée confessionnelle.

"Choc des civilisations" ou laïcité ?

 

La loi de 1905, loi de tolérance, qui a maintenu la paix civile pendant 110 ans, n’a cessé d’être remise en cause, surtout par la Vème République.

Les opérations communautaristes (avec au premier rang les catholiques et régionalistes) « ethnicistes » et religieuses, voudraient constamment remettre en cause les fondements de la République.

Le groupe Clémence Royer de la Libre Pensée de Vannes organise un débat public avec David Gozlan, secrétaire général de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, lundi 26 janvier, 18h, salle 4, 1er étage, couloir droite, Maison des associations, 6 rue de la Tannerie, VANNES (contacts : 06 47 49 02 02, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., http://lp56.fr) : "Choc des civilisations" ou laïcité ? Comment défendre et rétablir la laïcité ?