Un bonnet d'âne clérical est attribué

Au maire de Saint-Gildas-de-Rhuys, Alain Layec.

 

L'école primaire Saint-Goustan de Saint-Gildas-de-Rhuys a été bénie le vendredi 1er octobre (Le Télégramme du 3 octobre). Le chef d'établissement y avait convié le maire de la commune.

La Libre Pensée lui a demandé par courriel du 11 octobre de bien vouloir apporter des précisions :

« Monsieur le Maire,

Nous avons pris connaissance de l'article publié par Le Télégramme en date du 3 octobre (en pièce jointe). Pour notre parfaite information et pour éviter toute erreur d'interprétation, nous souhaiterions que vous nous indiquiez dans quelles conditions et à quel titre vous auriez participé à cet événement. Nous vous remercions par avance de l'attention que vous porterez à notre demande et de la réponse que vous voudrez bien nous transmettre. Nous vous prions de croire à nos salutations respectueuses. »

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La Mairie de Theix-Noyalo subventionne les classes découverte de l'école Sainte-Cécile

L'ordre du jour du conseil municipal réuni le 28 septembre comportait un point intitulé :

« Versement d’une subvention classe de découverte à l’école Ste Cécile »

Curieusement, le site de la mairie qui devrait permettre d'accéder aux comptes-rendus des séances ne donne de lien, à ce jour, qu'à celui du 30 juin lorsqu'on clique sur celui du 28 septembre.

Le document transmis aux conseillers municipaux à l'appui de la demande de subvention fait état d’une Classe Découverte de cinq jours pour les 4 CM2  (48 élèves de la commune) en Périgord du 20 au 24 septembre 2021, avant la délibération. Elle est organisée « avec le support logistique de l'APEL ».

Le financement est présenté de la manière suivante : Coût du voyage : 370 € / enfant. Subvention de l’APEL : 30 € / enfant. Action des parents (vente de pommes de terre en janvier 2020) :  2026 €. Participation de la Ville de THEIX-NOYALO :100 € / enfant de Theix-Noyalo. L'acompte de réservation était à verser par chèque à l’ordre de OGEC Sainte-Cécile.

La loi N° 2004-809 du 13 août 2004 modifiée relative aux libertés et responsabilités locales définit les modalités du financement des écoles privées du premier degré par la commune : les dépenses de fonctionnement des classes sous contrat d'association sont prises en charge dans les mêmes conditions que celles des classes correspondantes de l'enseignement public[1]. Dans le cas présent, il ne s'agit pas d'une dépense de fonctionnement des classes. Il s'agit donc d'une subvention à une association qui organise une activité dans le cadre scolaire, activité qui n'a aucun caractère obligatoire.

Il est bien évident que les municipalités sont sous la pression des parents, dans un contexte où les lois anti-laïques ont ouvert toutes grandes les vannes du financement public des écoles confessionnelles. Celles-ci ont ainsi pu consolider et développer leur implantation et leur attractivité, tout particulièrement dans le Morbihan, en profitant de la générosité des collectivités territoriales notamment. La loi Debré de 1959 et toutes celles qui lui ont succédé ont créé une situation de concurrence aiguë avec l'école de la République. Là où l'école de la République a pour objectif de former des citoyens, libres de leurs opinions, convictions et engagements, l'autorité religieuse des écoles privées catholiques cherche à former des adeptes. Cela constitue un enseignement à fondement communautariste, ouvrant la voie à des logiques séparatistes.

La position de la municipalité, ainsi, accepte, entérine et appuie cette situation, à l'inverse de ce qu'on serait en droit d'attendre d'élus de la République.

 

[1]La participation de la commune est calculée par élève et par an en fonction du coût de fonctionnement relatif à l'externat des écoles publiques de la commune ou, à défaut, du coût de fonctionnement moyen relatif à l'externat des écoles publiques du département.