Cette lettre ouverte a pour but de soutenir la LDH attaquée dans Le Télégramme du 19 décembre.
La LDH s'affirme association laïque et le prouve en cette occasion (et pourra donner les suites qu'elle juge nécessaire à cette attaque). 

Crèche catholique du maire Ménard à Béziers - Lettre ouverte à la rédaction du Télégramme

Le Télégramme du lundi 19 décembre publie un article sous le titre : « A Béziers, la justice ordonne le retrait de la crèche de la mairie ». Or, il s'agit d'une attaque en règle contre la Ligue des Droits de l'Homme. L'article est signé. D'autres le sont. Le Télégramme nous avait habitués à distinguer les tribunes d'opinion, mises en évidence et les articles relevant d'une pratique de journalisme d'information ou d'investigation. Le titre peut induire en erreur. Le lecteur du journal peut, à bon droit, penser qu'il s'agit là d'un article relevant de l'activité rédactionnelle du journal.

Le signataire, Christian Makarian, est actuellement éditorialiste international pour Le Point et Radio Notre Dame. C'est son droit. Il est libre de soutenir Robert Ménard, maire de Béziers, élu avec le soutien du Rassemblement National.

Monsieur Makarian s'indigne : « En quoi la Ligue en question est-elle fondée à voir une atteinte aux droits de l'homme dans la mise en place – temporaire – d'une simple crèche ? » Il s'agirait donc d'une « combat purement idéologique ». Et il ajoute « Une stratégie de division qui vise à imposer le multiculturalisme au détriment de l'Histoire et de la civilisation d'un peuple deux fois millénaires. »

Monsieur Makarian a tout à fait le droit de donner crédit au mythe d'un peuple chrétien depuis 2000 ans, peuple qui n'a pas d'histoire, pas d'acquis de la Raison, qui est renvoyé à une « identité » religieuse et à elle seule. C'est son opinion. Il a tout à fait le droit de refuser la loi de 1905. Avec de tels amis, l’Église catholique n'a pas besoin d'ennemis.

Notons qu'il relève que le préfet n'a pas émis d'objection à la présence de la crèche. Pas étonnant. Le préfet était aux côtés de Robert Ménard le 11 août de cette année lors de la messe à la gloire de la vierge Marie.

Monsieur Makarian conclut en demandant : «Qui saura la (La Ligue) remettre à sa juste place ? »

La Ligue des Droits de l'Homme est dans son rôle quand elle défend la loi, celle qui « n'a le droit que de défendre les actions nuisibles à la société. » (Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789). La Libre Pensée qui a également obtenu des jugements favorables dans des cas similaires est solidaire de la Ligue des Droits de l'Homme.

Signalons, pour une complète information, qu'un rassemblement est organisé le 21 décembre à Béziers : Pour la laïcité, pour le respect de la loi de 1905, Pour la défense de la liberté de conscience, liberté démocratique essentielle, Contre le communautarisme et le « choc des civilisations ». Il est appelé par la Libre Pensée, la Ligue des Droits de l’Homme, le Mouvement de la Paix, les DDEN Béziers et 34 ; la CIMADE, l'UL CGT du Biterrois, l'UNSA et le SE-UNSA Béziers et 34, l'UL Solidaires biterrois, l'UL FO Béziers, la FSU34, l'UL CGT du Biterrois, l'UNSA et le SE-UNSA Béziers et 34, l'UL Solidaires biterrois, l'UL FO Béziers, la FSU34 ; LFI, Jeunesse populaire Biterrois, PCF, POI, PG 34, NPA, Génération.s, PS, EELV et de nombreux élus.

La Libre Pensée du Morbihan, Vannes le 20 décembre 2022

 


 

La crise du logement épargne l’Église

Au moment où se multiplient les protestations contre les difficultés de plus en plus grandes pour pouvoir se loger, notamment en zone littorale, la municipalité de Pénestin se propose de faire un geste : elle veut se séparer du bâtiment qui héberge le desservant au diocèse. Le bâtiment a été construit par la commune dans les années 70 et est situé au cœur du bourg.

Beau cadeau : 2 500 m2 de terrain d'assiette, dont 1 700 m2 constructibles ; une maison de 200 m2 habitables (sans compter les combles aménageables). Une magnifique opération pour le diocèse qui, visiblement dispose en tout cas des fonds nécessaires dans une trésorerie pléthorique. La municipalité abandonne ainsi un bien immobilier majeur, élément important de son patrimoine, à un prix qui semble très inférieur aux prix pratiqués pour ce type de bien, exceptionnel dans la commune ; on peut estimer d'au moins 30 % la décote correspondante, moins-value pour les finances communale. Tout cela vaudra certainement bien des indulgences aux élus lors de la consommation des temps...

Une telle opération obère la capacité de la collectivité à mener dans l'avenir une politique foncière et de l'habitat pour les besoins de la population, pourtant criants. Cette opération n'a pas manqué de soulever des protestations ; au sein du conseil municipal, d'abord, et de la part de la population qui signe une pétition contre cette vente.

(pétition téléchargeable, cliquez ici – signature possible par mail « Monsieur le Maire de Pénestin, renoncez à la vente du presbytère » - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

Cette affaire amène à s'interroger sur les pratiques communales en matière de logement des desservants, essentiellement ceux du culte catholique et les règles applicables en la matière.

NOTE SUR LE DIOCÈSE DE VANNES

             Le diocèse de Vannes, issu des neuf évêchés historiques de Bretagne, a le même ressort que le département du Morbihan et dessert ainsi une population de 760 000 habitants, dont 95 000 catholiques.[1] Il comporte 281 paroisses, six doyennés et treize services diocésains. Il administre le sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray, une source de financement probablement importante. En particulier, le « grand pardon » qui se déroule à la fin du mois de juillet attirerait vingt mille visiteurs chaque année. 

            En 2018 et 2019, en dépit de l’augmentation de 28,7 % du produit des collectes, les comptes de l’association diocésaine de Vannes (ADV) ont enregistré de fortes pertes d’exploitation : celles-ci ont atteint respectivement 4,5 et 2,9 millions d’euros soit l’équivalent de 24,7 et 16,2 % des dépenses de fonctionnement (188 euros par catholique en 2019). Les recettes tirées de la générosité des fidèles (131 euros par personne en 2019) ont couvert les charges à hauteur de 59,3 % en 2018 et 69,3 % en 2019. Il importe de noter que les frais de personnel ont représenté 45 % des dépenses d’exploitation, contre en moyenne un gros tiers dans la plupart des évêchés. Le niveau élevé tant des charges - notamment de personnel - que des recettes rapportées au nombre estimé de fidèles s’explique probablement par l’activité du sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray.

Processions de saison

L'été et l'automne voient la multiplication des pardons et autres manifestations religieuses, bénédictions diverses et autres.

Tout cela ne mériterait qu'une attention distante s'il ne s'y glissait un certain nombre de dérapages qui reflètent, soit une ignorance évidente, soit un mépris conscient des règles de la laïcité institutionnelle.

Bénédictions de la mer et hommage aux marins péris en mer qui ont associé le représentant du culte catholique et des élus (Locmiquelic, Quiberon – Port-Maria, Arzon à l'occasion de la fête patronale, Port-Haliguen).

Pardons bénéficiant de l'aide des services techniques municipaux (Brec'h).

Emblématique : la participation du préfet (et d'élus) à la procession du 15 août à Vannes !

La Libre Pensée fait connaître le courrier qui lui a été adressé ; nous attendons sa réponse.


La Libre Pensée du Morbihan vous invite aux réunions-débat qu'elle organise
LA LAÏCITÉ INSTITUTIONNELLE – LES LIBERTÉS
* A Lorient, le jeudi 9 juin à 20 h., Cité Salvador Allende
* A Vannes, le vendredi 10 juin à 20 h., Maison des Associations
Introduction par Dominique GOUSSOT, vice-président de la Fédération nationale de la Libre Pensée, animateur de la commission « droit et laïcité »
Nous souhaitons que cette réunion puisse aider à clarifier différentes questions, que l'actualité met au premier plan.
- En quoi les lois de 1901 et de 1905 fondent-elles des principes qui sont au cœur des exigences de la démocratie ?
- Que signifie la laïcité institutionnelle au regard des usages polémiques du terme de « laïcité » (qui ne figure pas dans la loi de 1905!) ?
- Comment comprendre la première attaque fondamentale des principes posés par les lois de 1901 et 1905 du fait de la loi « séparatisme » (Loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République) ? Y a-t-il des « valeurs » et des « principes » de la République, et lesquels ?
- Pourquoi tous les courants qui affirment leur respect de la laïcité n'ont-ils pas protesté lors de la suppression de l’Observatoire de la laïcité, institué auprès du Premier ministre par le décret n° ‪2007-425‬ du 25 mars 2007 et supprimé par le décret n° ‪2021-716‬ du 4 juin 2021 ?
- Sphère privée, sphère publique, qu'est-ce qui est du ressort de la loi ?
Et toutes questions que vous souhaiteriez voir aborder.