La Libre Pensée du Morbihan vous invite aux réunions-débat qu'elle organise
LA LAÏCITÉ INSTITUTIONNELLE – LES LIBERTÉS
* A Lorient, le jeudi 9 juin à 20 h., Cité Salvador Allende
* A Vannes, le vendredi 10 juin à 20 h., Maison des Associations
Introduction par Dominique GOUSSOT, vice-président de la Fédération nationale de la Libre Pensée, animateur de la commission « droit et laïcité »
Nous souhaitons que cette réunion puisse aider à clarifier différentes questions, que l'actualité met au premier plan.
- En quoi les lois de 1901 et de 1905 fondent-elles des principes qui sont au cœur des exigences de la démocratie ?
- Que signifie la laïcité institutionnelle au regard des usages polémiques du terme de « laïcité » (qui ne figure pas dans la loi de 1905!) ?
- Comment comprendre la première attaque fondamentale des principes posés par les lois de 1901 et 1905 du fait de la loi « séparatisme » (Loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République) ? Y a-t-il des « valeurs » et des « principes » de la République, et lesquels ?
- Pourquoi tous les courants qui affirment leur respect de la laïcité n'ont-ils pas protesté lors de la suppression de l’Observatoire de la laïcité, institué auprès du Premier ministre par le décret n° ‪2007-425‬ du 25 mars 2007 et supprimé par le décret n° ‪2021-716‬ du 4 juin 2021 ?
- Sphère privée, sphère publique, qu'est-ce qui est du ressort de la loi ?
Et toutes questions que vous souhaiteriez voir aborder.

Les comptes du diocèse de Vannes : l'église doit payer, l'église doit payer une juste indemnité aux victimes d'abus sexuels

 

 

Ce travail d'analyse des comptes du diocèse répond à la décision du congrès de Voiron de 2021. « La Libre Pensée a souhaité se forger une opinion solide et documentée sur la capacité de l’Église de France, sans recourir aux dons des fidèles faisant l'objet d'une défiscalisation (75 %), à verser une juste indemnité aux victimes d'abus sexuels commis par certains prêtres et couverts par l’Église catholique. Il importe donc d'évaluer sa richesse accumulée, constituée pour l'essentiel, semble-t-il, d'un patrimoine immobilier important, dont la valeur comptable nette est très inférieure à sa valeur de marché, de valeurs immobilières de placement et de liquidités. »

Il ne s'agit pas là d'un travail de spécialiste et on excusera les faiblesses éventuelles de cette recherche.

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Le diocèse de Vannes indique : « Depuis 1950, 13 cas de prêtres responsables d’abus ont été portés à la connaissance du diocèse de Vannes ». Tous les auteurs identifiés sont décédés, semble-t-il. A la suite de la publication du rapport de la CIASE, le diocèse réagit à propos des victimes : « Rien ne peut justifier qu’elles n’aient pas été entendues, crues, soutenues, ni que la plupart des coupables n’aient pas été signalés et jugés ».

Le diocèse précise que « quatre ont fait l’objet d’un jugement et deux d’une condamnation à une peine de prison. »

Le diocèse rappelle dans un communiqué du mardi 5 octobre 2021 qu’une « cellule d’écoute a été mise en place et 7 personnes se sont manifestées » depuis 2018 et que l'évêque a reçu personnellement 5 victimes.

Et pour tenter de contenir les protestations, le diocèse donne des statistiques extrapolées d'un sondage de l'IFOP : « 14 % des personnes interrogées disent avoir été victimes d’abus sexuels pendant leur enfance, soit 5,5 millions de Français. 80 % de ces victimes ont été agressées dans le cercle familial ; 0.80 % dans le cadre d’activités ecclésiales ».

Mettre ces deux pourcentages en regard n'a d'autre but que de minimiser la perception de la réalité. S'agissant d'institutions encadrant des mineurs, le taux d'incidence dans l'enseignement est, lui, de 0,34 % et dans le milieu du sport de 0,28 %. Les 216 000 victimes de religieux, estimées par la commission Sauvé, deviennent en fait 330 000 si on intègre les crimes commis par des laïcs animant des œuvres de l’Église. Et les agressions ne seraient le fait que de 2900 à 3200 prêtres, ce qui ferait une moyenne de 72 victimes par prédateur.

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Le diocèse de Vannes est régi par l'« Association diocésaine de Vannes », déclarée au journal officiel le 24 mai 1924 avec pour objet « l'entretien du culte » ; elle couvre le territoire départemental. Ses comptes annuels sont publiés au Journal officiel des associations et fondations d'entreprise[1] ; la dernière année publiée est  celle des comptes 2020.

Cependant, a été déclarée au journal officiel le 22 juin 2013 une association « Service de gestion du diocèse de Vannes », dont l'objet est « gérer des divers services diocésains, notamment le personnel nécessaire à leur administration ou animation, en outre de promouvoir et organiser les œuvres d'éducation : réunions d'études, conférences, institutions ayant pour but la connaissance et l’approfondissement de la foi chrétienne ; séances récréatives, artistiques, cinématographiques, musicales etc. concourant au but indiqué plus haut ; toutes initiatives de nature à favoriser les avantages physiques et moraux de ses différents œuvres. » Elle a le même siège social que l'association diocésaine. Elle ne publie aucun compte.

Bien évidemment, le patrimoine immobilier du diocèse n'est pas connu, tant en ce qui concerne les édifices affectés au fonctionnement du diocèse que pour les immeubles susceptibles de fournir des revenus ; une partie de ceux-ci doit sans doute faire l'objet de règles particulières lorsqu'ils proviennent de donations.

En 2020, l'évêque de Vannes déclarait à la presse qu'il manquait 2,6 millions d'euros au titre des recettes de quêtes, du casuel et des offrandes de messes auxquelles s'ajoute le denier de l’Église, soit 60 % des recettes habituelles.

Il s'agit de financer les dépenses de fonctionnement des 295 paroisses, des 241 prêtres et des 83 laïcs salariés.

Les comptes du diocèse intègrent les paroisses (299 en 2018, 281 en 2019 et 237 en 2020), le sanctuaire-basilique Sainte-Anne d'Auray, les 13 services diocésains et les doyennés (6, puis 5).

Les comptes de résultat successifs font apparaître les résultats de l'exercice suivants :

en déficit en 2017 : -711 358 € et en 2018 :  -6 628 597 € ;

positif en 2019 : 555 310 ;
en déficit de -946 424 en 2020.

Cependant, ces montants doivent être analysés plus en détail. Le poste le plus important des charges d'exploitation est intitulé « autres achats et charges externes », pour un montant de plus de 6 millions d'euros en 2018 et 2019, ramené à un peu plus de 4,2 millions en 2020. Les dépenses de fonctionnement comportent près de 2,2 millions d'euros de charges salariales et près de 4,2 millions d'euros de charges sociales en 2020 (2,7 et 4,7 en 2018)..

En 2020, les recettes de fonctionnement font apparaître un peu plus de 4,8 millions d'euros (quêtes et offrandes) et près de 5,3 millions d'euros de dons et legs. En 2019, les montants correspondants sont de 4,6 et 4,4 millions d'euros, les legs, donations et assurances-vie ayant cru de plus de 1,17 millions d'euros. Il convient donc sans doute de pondérer les déclarations alarmistes de l'évêque Centène.

Globalement, les ressources totales des produits d'exploitation se montent à environ 13,7 millions d'euros en 2018, près de 15 millions d'euros en 2019 et 14,3 millions d'euros en 2020.

L'essentiel du déficit de l'exercice 2018 (6,6 millions d'€) est lié, d'une part à l'importance des charges d'exploitation, avec un résultat d'exploitation négatif de 4,5 millions d'euros et, d'autre part,  à un solde financier également négatif (plus de 4 millions de dotation aux provisions et amortissements). En 2019, une reprise sur cette dotation, à hauteur de 2,7 millions d'euros, a permis d'afficher un excédent d'un peu plus de ½ millions d'euros. En 2020, le déficit d'exploitation est seulement de l'ordre de 270 000 euros, le déficit total de près d'un million d'euros provenant largement d'un solde financier négatif de près de 430 000 euros, le montant des intérêts reçus ayant diminué de près de moitié. A noter que les ressources financières comportent régulièrement le produit des cessions des valeurs mobilières de placement (environ 941 000, 768 000 et 791 000 sur les trois exercices).

En raison de la baisse d'activité due aux restrictions sanitaires, le diocèse a mis une partie des salariés en temps partiel en demandant à l'état l'indemnisation prévue et a reporté une partie des cotisations sociales de mars et avril 2020.

Les biens immobiliers du diocèse se montent à plus de 58,5 millions en 2020 (56 en 2017), ramenés à moins de 20 millions nets en raison des amortissements et dépréciations.

Le bilan 2020 prévoit de mettre en vente des immeubles reçus par dons ou legs pour près de 4,5 millions d'euros ; il ne s'agit que de ceux reçus depuis les 5 dernières années, les plus anciens ne sont pas valorisés. En 2018, un inventaire avait recensé 204 biens immobiliers non inscrits à l'actif et qui ont été comptabilisés à la valeur d'1 € par bien.

Ajoutons que le diocèse dispose en 2020 de près de 51,7 millions d'euros nets de placements.

Le bilan fait apparaître les principaux postes suivants :

en millions d'euros

ACTIF

2018

2019

2020

 

2018

2019

2020

PASSIF

Actif immobilisé

24,3

23,6

26,7

 

65,4

65,9

65,6

Fonds associatifs

Dont immeubles et terrains (net)

22,1

21,5

20,4

 

53,2

54,3

54,6

Dont fonds propres

Dont Immobilisations financières

0,98

0,78

0,7

 

1,9

10,9

11,3

Dont réserves

Actif circulant

63,3

62,7

67,2

 

-6,8

0,55

-0,95

Résultat de l'exercice

Dont valeurs mobilières de placement

55,7

61,7

51,7

 

 

 

6,9

Fonds reportés ou dédiés (dont legs...)

Dont créances

2,8

3,1

8,1

 

22,1

20,1

21,7

Dettes

Dont disponibilités

4,4

7,5

7,1

 

0,15

0,22

 

Divers (dont provisions)

Total

87,6

86,3

94,2

 

87,6

86,3

94,2

Total

 

Il semble donc que le diocèse de Vannes, qui dispose en 2020 de plus de 7 millions d'euros de disponibilités, ait pu traverser la dernière période sans grand dommage et qu'il dispose de quelques marges de manœuvre, notamment au titre de l'immobilier.

 

[1]Le JOAFE compte 55 références d'associations comportant le terme « diocèse de Vannes »

FÉDÉRATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE - Membre de l’Association Internationale de la Libre Pensée (AILP)

10/12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 PARIS Tél. : 01 46 34 21 50 – Fax : 01 46 34 21 84 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.https://www.fnlp.fr

 

– COMMUNIQUÉ DE PRESSE –

Emmanuel Macron aux Bernardins :

Le vice clérical aux bras du crime antilaïque ?

Le Président de la République a donc été reçu par la Conférence des Evêques de France au Collège des Bernardins. C’était la première fois qu’un Président de la République répondait favorablement à une telle invitation. C’est indéniablement une entorse flagrante au principe de Séparation des Eglises et de l’Etat (Loi du 9 décembre 1905).

Cette « reconnaissance » d’une religion a été confirmée par le Président des Evêques « Votre présence nous honore et manifeste les relations anciennes et renouvelées entre l’État et l’Église Catholique. » Rappelons que c’est Lionel Jospin, alors Premier ministre qui avait institué une structure de dialogue permanent avec l’Eglise catholique en 2002.

Emmanuel Macron a inscrit ses pas dans la même démarche : « Pour nous retrouver ici ce soir, Monseigneur, nous avons, sans doute, vous et moi bravé, les sceptiques de chaque bord. Et si nous l’avons fait, c’est sans doute que nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, et qu’il nous importe à vous comme à moi de le réparer…. Un Président de la République prétendant se désintéresser de l’Église et des catholiques manquerait à son devoir. »

C’est bien d’une violation de la loi de Séparation qu’il s’agit. Mettre sur le même plan, l’Eglise et les catholiques, c’est confondre l’institution cléricale qu’est l’Eglise catholique et des citoyens qui sont catholiques. Il y a une loi de Séparation entre les Eglises et l’Etat, pas entre les citoyens-croyants et l’Etat.

Le lien entre l’Eglise et l’Etat, ce fut notamment le Concordat et avant lui « le Roi de droit divin ». S’agit-il de réparer ce lien en remettant en cause la loi de Séparation qui a, effectivement, cassé le lien entre l’Etat et l’Eglise ? On comprendrait alors, enfin, la formule de son Ministre Darmanin : « Il faut renforcer la loi de 1905 par un concordat avec l’Islam ».

Comme toujours, pour commettre un forfait politique, l’Histoire doit être revisitée. Ainsi pour Emmanuel Macron, l’Histoire se résume à l’histoire de l’Eglise catholique : « Je suis convaincu que les liens les plus indestructibles entre la nation française et le catholicisme se sont forgés dans ces moments où est vérifiée la valeur réelle des hommes et des femmes. Il n’est pas besoin de remonter aux bâtisseurs de cathédrales et à Jeanne d’Arc: l’histoire récente nous offre mille exemples, depuis l’Union Sacrée de 1914 jusqu’aux résistants de 40, des Justes aux refondateurs de la République, des Pères de l’Europe aux inventeurs du syndicalisme moderne…. » Il est clair aussi que pour Emmanuel Macron l’Histoire de France commence et finit avec l’Eglise : rien avant, rien après.

 

article 2

Ne touchez pas à la loi de 1905

 

M. Macron a déclaré aux évêques catholiques, aux Bernardins, le 9 avril dernier, que « le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, et qu’il nous importe à vous comme à moi de le réparer ».

Dans la suite logique, le 5 novembre est tombée l'annonce de la présentation début 2019 d’une loi remettant en cause la loi de 1905, un avant-projet existe :

  • l’organisation des cultes par l’État, décidant de leur « qualité cultuelle » pour 5 ans avec contrôle financier. Cela serait strictement l’inverse de l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 : « La République ne reconnait (…) aucun culte ». La loi de 1905 nous a assuré une liberté d’opinion et de religion pour tous depuis 113 ans.
  • la plus grande facilitation du financement des cultes

Les mesures de répression d’illégalités dans les cultes sont déjà définies dans le Titre V de la loi de 1905, sur la « Police des cultes ».

Partout en France se tiennent des rassemblements pour le maintien intégral de la loi du 9 décembre 1905, loi de séparation des églises et de l’État, spécificité de notre République.

 

Soyons très nombreux, samedi 8 décembre – 10h30 – rassemblement au port, à la Rabine pour aller en manifestation à la préfecture à Vannes

à l’appel des organisations de défense de la laïcité et des syndicats :

LP 56, ADLPF 56, FERC-CGT 56 et CGT Educ’action 56, UD-FO 56 et FNEC-FP-FO 56, FSU 56, SUD éducation 56, UNEF 56

avec le soutien des organisations :

Causes Communes 56, Fédération Anarchiste (groupe René Lochu de Vannes), France Insoumise Séné et Vannes, Génération.s Pays de Vannes, Parti Communiste Français Morbihan,
Parti de Gauche 56, Parti Ouvrier Indépendant 56, République et Socialisme 56

 

Une réunion-débat pour étudier ce qui sera connu du projet de loi est organisée
le samedi 8 décembre à 14h, au Palais des Arts à Vannes, salle Corvette

 

"Ne touchez pas à la loi de 1905"

Signature en ligne : http://chng.it/rDdtRTkmrc

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Communique – 13 mars

Lettre au maire de Vannes

Position de la LP 56 : La laïcité, sur Vannes et le Morbihan, c’est quoi ?

La Libre Pensée du Morbihan s'attriste et s'indigne de la destruction honteuse de larbre de la laïcité implanté à Vannes, derrière le Palais des arts depuis 2011‌.

Cet arbre aurait donc résisté aux tempêtes mais pas à l'intolérance ! Ce beau chêne, implanté en association avec la municipalité de Vannes, commémorait la séparation des églises et de l’État en 1905 ; il  s'inspirait des arbres de Mai ou de la Liberté, et réaffirmait au cœur de la ville  de Vannes le 4ème pilier de notre république, la laïcité.

De fait, même s'ils sont toujours plantés et inaugurés de nos jours comme de puissants symboles, ils sont également  depuis quelques temps victimes d'actes de vandalisme inqualifiables... cf Port Louis, Angers, Metz etc...

Certains activistes ont en horreur l’enracinement profond de la laïcité dans notre constitution, sa liberté de croître et son rôle protecteur dans la nation. Si la laïcité a encore du mal à s'imposer sur la commune de Vannes, les faits montrent que, même dans ses symboles, elle reste inacceptable pour des opposants à la République

Nous demandons instamment justice et réparation de cet acte grave, réparation qui ne pourra que renforcer les convictions humanistes et pacifiques que nous partageons à la Libre Pensée avec d'autres associations citoyennes : la Laïcité est garante du bien vivre ensemble, sans oppositions de communautés.

Pour réaffirmer nos convictions laïques et républicaines, nous demandons que la municipalité de Vannes prenne l’initiative de réimplanter ce symbole de tolérance.

Contacts :
Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Web :
http://lp56.fr
Réunions : 3ème jeudi du mois, 18h/20h, Maison des Associations de Vannes, rue Le Bartz, Vannes