La réhabilitation des fusillés pour l'exemple de la guerre 14-18

La proposition de loi a été votée à l'Assemblée nationale le 14 janvier. Elle a été transmise au Sénat ; il n'y a à ce jour pas de calendrier défini.

La Libre Pensée du Morbihan avait demandé à rencontrer les députés. Mme Le Peih ne pouvait nous recevoir avant la date du vote. M. Jean-Michel Jacques ne nous a pas proposé de date ; M. Hervé Pelloix a accusé réception ; M. Gwendal Rouillard n'a jamais répondu. Seul, M. Jimmy Pahun nous a reçu et a ensuite rendu compte par courrier du vote en nous communiquant les documents de son groupe. Comme il le souligne dans son courrier, « les votes favorables sont venus de tous les bancs de droite comme de gauche. » Il n'a pu être en séance ; aucun député morbihannais n'était présent.

À la lecture des documents transmis, nous avons réagi et lui avons communiqué nos remarques.

Monsieur le député,

Nous avons bien reçu votre courrier daté du 17 janvier nous transmettant les documents de votre groupe relatifs à la proposition de loi demandant la réhabilitation des fusillés pour l'exemple et nous faisant part du déroulement du vote le 14 janvier. Nous vous en remercions vivement et renouvelons également nos remerciements pour nous avoir accordé un rendez-vous.

Le document soumis à votre groupe s'appuie sur les appréciations d'Antoine Prost datant de 2014. Il conclut : "... si certaines condamnations résultent effectivement d'une justice arbitraire et expéditive, cela n'a pas été le cas de l'ensemble des projets menés. Certains des motifs avancés, tels que l'abandon de poste ou encore l'intelligence avec l'ennemi, étaient légitimes." Et Antoine Prost insistait sur le "devoir militaire" et la nécessité de l'obligation de la défense nationale pour les citoyens.

Ce n'est pas le débat. Il est très regrettable que la représentation nationale puisse rejeter les conclusions d'un historien autorisé, directeur du service historique de l'armée de terre, le général André Bach, au profit d'un porte-parole missionné pour calomnier les victimes et falsifier les faits. Les 2300 condamnations à mort décidées par les conseils de guerre ont été minutieusement analysées, et le chiffre de 639 fusillés pour l'exemple est indiscutable, ne pouvant prêter à aucun amalgame avec des faits dûment vérifiés ou des délits de droit commun. Antoine Prost a eu même le culot de prétendre que réhabiliter collectivement les 639 Fusillés pour l’exemple serait la réhabilitation de Mata–Hari.

Rappelons, même si ce n'est pas le point culminant de la répression entre 1914 et 1918, ce qui s'est passé à Verdun au moment de l'offensive Nivelle en 1917 : durant ces mois de boucherie effroyable, il y eut un grand nombre d’exécutions sommaires pour « forcer » la troupe (Code de Justice militaire). Le 14 mai 1916, le 140e Régiment d’Infanterie alla même jusqu’à se mutiner « les bras croisés » pour refuser de remonter à l’assaut. Il fallait faire des exemples, on fusilla donc « pour l’exemple » 55 soldats durant cette bataille. Des centaines de soldats passent au moulinet des Conseils de guerre, beaucoup sont condamnés et exécutés.
Voici le décompte qu’en a fait le Général Bach dans ses travaux : Février 1916 : 2 ; Mars : 5 ; Avril : 3 ; Mai : 20 ; Juin : 6 ; Juillet : 6 ; Août : 5 ; Septembre : 2 ; Octobre : 0 ; Novembre : 3 ; Décembre 1916 : 3. Soit un total : 55 Fusillés à Verdun sur les 106 de l’année 1916
Voici le commentaire du général Diez, présent à ce moment-là sur le théâtre des opérations : « Si l’on ne doit pas excuser les actes d’indiscipline, le commandement devrait bien réfléchir à quelles causes il convient d’attribuer le refus d’obéissance et s’il n’est pas coupable dans sa façon de commander. »

Rappelons que nous n'avons jamais demandé que les Fusillés pour l’exemple soient déclarés « Morts pour la France  » et que leurs noms soient inscrits sur les Monuments aux Morts. Ce droit, cette revendication, appartiennent aux seules familles des victimes, si elles le souhaitent.

Nous sommes heureux de savoir qu'une majorité de parlementaires, en dépit des obstacles et en pleine conscience, a voté la proposition de loi et nous les remercions.

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