9ème rassemblement à Vannes, pour la réhabilitation collective des fusillés pour l'exemple de 1914-1918, au bas de la rue Jean-Jaurès, samedi 11 novembre à 11 h 30

Réintégrons les fusillés pour l’exemple, mutins, engagés étrangers

et soldats coloniaux dans la mémoire nationale

La dénonciation des injustices commises par les tribunaux militaires durant la Première Guerre mondiale a été l’un des grands combats de la Ligue des droits de l’Homme, de la Libre Pensée, de l’Association Républicaine des Anciens Combattants, du Mouvement de la Paix, de l’Union Pacifiste, dans le prolongement de l’affaire Dreyfus, après la guerre de 1914-18, et dans les dernières années. Il a permis d’obtenir jusqu’en 1935 la réhabilitation de 40 fusillés pour l’exemple. Nous déplorons qu’en 2014 le centenaire officiel de ce conflit n’ait pas été l’occasion d’un acte fort vis-à-vis de tous ceux non encore réhabilités, qui ont été victimes d’ordres arbitraires et injustes.

Avec le centenaire de 1918, une dernière fenêtre s’ouvre pour que soit posé un acte politique permettant la réhabilitation de tous les fusillés pour l’exemple. Une réhabilitation personnelle implique l’annulation judiciaire des condamnations et donc une série de décisions individuelles, en plus de la réhabilitation collective.

Les organisations signataires constatent que ce combat continue. Les recherches à leur sujet doivent être poursuivies, leurs sépultures doivent être identifiées et dignement traitées, le transfert de leurs restes dans les communes dont ils étaient originaires doit contribuer à leur rendre justice, comme cela s’est produit pour le soldat Sylvestre Marchetti, dans son village natal de Taglio d’Isolaccio.

Le travail doit aussi être poursuivi sur des questions occultées ou méconnues de la Grande Guerre qui ne présentent pas seulement un intérêt pour l’Histoire mais aussi pour nos enjeux contemporains :

  • C’est le cas notamment des civils injustement accusés d’espionnage,
  • celui des mutineries de 1917, qui ont affecté les deux tiers des divisions d’infanterie du front ;
  • celui des bagnes coloniaux, des compagnies de discipline et des bataillons d’exclus, qui ont concerné des dizaines de milliers de soldats, et ont provoqué beaucoup plus de morts parmi eux, que les fusillés pour l’exemple afin de terroriser directement les troupes sur le front et les envoyer à la mort ;
  • celui des engagés volontaires étrangers européens, victimes de traitements brutaux dans des régiments de marche de la Légion étrangère ;
  • celui des soldats coloniaux victimes de recrutements forcés, de promesses non tenues, d’un emploi inconsidéré et d’un quasi-abandon après-guerre ;
  • et celui de l’ « importation » de dizaines de milliers d’indigènes militarisés, comme les 2000 travailleurs chinois du camp de Meucon, qui ont connu une mortalité très élevée dans les usines d’armement.

Force est de constater que les « poilus venus d’ailleurs », étrangers européens et travailleurs ou combattants coloniaux, absents de nos monuments aux morts, ne sont pas reconnus par notre mémoire nationale à la mesure du sort qui a été le leur. Il importe qu’un siècle plus tard, eux aussi « réintègrent aujourd’hui pleinement notre mémoire collective nationale ». Les organisations signataires réclament de réintégrer les fusillés pour l’exemple, mutins, engagés étrangers et soldats coloniaux dans la mémoire nationale.

L’enquête continue pour retrouver des familles de fusillés du Morbihan, ainsi que l’action pour élargir la prise de position du conseil municipal d’Hennebont à d’autres municipalités.

Voir le recensement des fusillés pour l’exemple sur le Morbihan : http://lp56.fr/infos/index.php/republique/63-fusilles/108-

 

Vannes le 7 novembre 2017

Ligue des Droits de l’Homme Vannes, Libre Pensée du Morbihan, Mouvement de la Paix du Morbihan

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