UN POIGNANT PLAIDOYER …

C’est la possibilité d’aller à un changement de constitution (qui serait la 17è) qui inquiète Bernard (Poignant, bien sûr) dans le Télégramme . D’abord, ne pas respecter les dispositions de l’article 89 pour une révision constitutionnelle serait « un coup d’État juridique ».

Et même avec le respect de ce texte : « C’est le tournis constitutionnel ! La Constitution est une règle du jeu que l’on ne change pas selon son bon plaisir.

De Gaulle, dans sa conférence de presse du 31 janvier 1964, donnait sa définition de cette règle : « Une Constitution, c’est un esprit ; des institutions, c’est une pratique. La première définit les principes et les valeurs ; les secondes, l’organisation des pouvoirs publics ». Ainsi, en 1958, il est investi par la Chambre des députés, le 1er juin. Le 3, la Chambre vote une loi constitutionnelle lui permettant de contourner la procédure prévue par l’article 90 de la Constitution de 1946 pour proposer une nouvelle Constitution. »

Comme quoi, Mitterrand avait raison de parler de « coup d’État permanent », et ce dès l’origine !

Bref, il faudrait mieux conserver la Vè République, celle qui finance l’école privée, celle qui admet le concordat en Alsace-Moselle, le financement des ministres du culte en Guyane qui sont déclarés « conforme à la constitution »… sans parler de l’écrasement de la représentation parlementaire, d’un président qui s’autorise à des aventuras militaires, sans oublier les violences des forces aux ordres.

Et notre poignant défenseur de la Vè se permet de rappeler que : « Le 4 (juin 1958), le Journal Officiel publie un décret qui exclut de modifier « la tradition constitutionnelle républicaine résultant, notamment, du préambule de la Constitution de 1946 (il s’agit des droits sociaux..) et de la Déclaration des droits de l’Homme, ni sur l’exercice des libertés publiques et syndicales, ni sur l’aménagement des garanties fondamentales accordées aux citoyens « .

Il faut un certain culot pour soutenir que ces dispositions vertueuses auraient été effectivement respectées depuis 1958 !

Le retour à la démocratie est incompatible avec le régime de la Vè République.