Une contribution d’un libre penseur rédigée à l’occasion de la Marche des Solidarités du 18 décembre 2025

La Libre Pensée est convaincue que lutter aujourd’hui en France pour le respect des droits des migrants, c’est, suivant la recommandation du musicien nigérian Seun Kuti, contribuer à libérer l’Europe de l’extrémisme de droite, du fascisme, du racisme.
Car aujourd’hui, en France, le racisme d’Etat, appuyé par une propagande calomniatrice et xénophobe, sous le prétexte de maîtriser une immigration accusée d’être la source de tous les maux, est le support idéologique d’une alliance entre le régime macroniste et l’extrême-droite qui menace d’ores et déjà les droits légitimes de larges couches de la population laborieuse et les libertés démocratiques de tous.
La loi Darmanin du 26 janvier 2024, qui résulte d’une collaboration portée pour l’occasion au niveau institutionnel entre le gouvernement et le Rassemblement National, qui l’ont rédigée et votée ensemble, ne s’en prend pas seulement de manière ignoble aux nouveaux arrivants sur le territoire. Elle remet en cause le renouvellement des titres de séjour, pour des personnes travaillant en France depuis de nombreuses années, pour des responsables de famille, pour des adultes ayant séjourné en France depuis un âge inférieur à 13 ans.
Un autre exemple de cette collaboration est la promulgation de la loi du 12 mai 2025 « visant à renforcer les conditions d’accès à la nationalité française à Mayotte », loi certes territorialement circonscrite, mais surtout écrite sous la dictée du Rassemblement National et qui, après celle de 2018, renforce, en fait, la remise en cause du droit du sol, rempart contre l’arbitraire du droit du sang, instrument privilégié de toutes les oppressions et de tous les crimes contre l’humanité.
La nomination au ministère de l’intérieur des gouvernements Barnier, Bayrou et Lecornu 1 d’un homme politique, Bruno Retailleau, connu pour ses liens avec l’extrême-droite, adepte revendiqué de l’expression « Français de papier », sinistre référence de l’extrême-droite antisémite d’avant la seconde guerre mondiale, suit très naturellement, en violation du vote des législatives, cette orientation.
Toujours dans la même optique d’alerte quant à l’extrême danger du cours suivi sous couvert de la lutte contre les soi-disant dangers civilisationnels portés par l’immigration, et sans prétendre à l’exhaustivité, nous évoquerons la loi séparatisme, dite « de renforcement des principes républicains », dont l’objet revendiqué est la lutte contre le danger islamiste censé menacer la République, mais qui a pour fondement réel une volonté de contrôle des citoyens par l‘Etat. Des mécanismes tels que le « Contrat d’Engagement Républicain » qui conditionne l‘accès des associations aux ressources publiques, ainsi que l’élargissement considérable des possibilités de dissolution des organisations d’initiative citoyenne, sont des atteintes graves à la liberté d’association, définie et assurée par la loi de 1901, ainsi de fait remise en cause. Il s’agit là d’une atteinte essentielle à l’exercice concret de la démocratie par le peuple.
