(Titre du Télégramme du 21 septembre)
Et le dernier dossier, curieusement, est titré :
La laïcité
« La laïcité à la française », qui consacre la neutralité de l’État, est une spécificité parfois mal comprise à l’étranger. Son fondement, la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes, et interdit à l’État de financer les dépenses liées à leur exercice. Cette visite devait être financée par l’Église catholique de France à hauteur de 27 millions d’euros.
En première lecture, on ne voit pas bien en quoi c’est un « dossier brûlant ». En fait, se cache dernière cette formulation une question : le montant des dépenses publiques engagées à cette occasion. Le ministre Nunez a répondu par un pirouette : « Ce voyage apostolique (il est donc bien religieux et non « diplomatique ») n’est pas un événement à but lucratif, mais un voyage officiel. Comme pour la venue d’un chef d’État ou de gouvernement étranger, l’État prend en charge la sécurité. » : 15 000 forces de l’ordre mobilisées à Paris, 3 500 autour de Lourdes…
Macron aura fait tout son possible pour rencontrer le Pape de manière officielle, de « chef d’État » à « chef d’État ». Qu’on en juge : Selon la Presse, plusieurs demandes provenant de l’Élysée pour la visite du Pape Léon XIV en France ont été refusées par le Saint-Siège :
• L’accueil militaire sera allégé, le Vatican ayant demandé d’éviter la Garde républicaine et les tambours ;
• Le Saint-Siège a refusé la remise de la Grand-Croix de la Légion d’honneur ;
• Pour les Vêpres qui seront célébrées à Notre-Dame de Paris par Léon XIV, Emmanuel Macron voulait quelques dizaines de minutes avec le Pape à l’intérieur pour lui montrer le chantier que la France a financé. Le Pape l’a repoussé d’un revers de soutane ;
• Le Saint-Siège a décliné le demande d’un dîner ou d’un déjeuner d’État avec Emmanuel Macron

. Mais l’ambiguïté demeure pour Nunez. Ce sont les Accords du Latran, signées en 1929 entre l’Italie fasciste et la Papauté qui « crée » artificiellement « l’État du Vatican » dénommé depuis « Saint-Siège ». Or, ces Accords ne donnent aucune stature diplomatique au Vatican.
Un autre « dossier brûlant » pour le Pape est bien celui de l’avenir du catholicisme en France. Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ)1 a publié un rapport sans concession. À ce stade, ce document de 76 pages, intitulé Souffrances et espérance de l’Église en France, ne parle même plus de déclin mais bien d’effondrement, pour paraphraser l’historien Guillaume Cuchet. Le point de bascule se situerait dans les années 1960. À cette époque, ils étaient 35 % des Français à assister à la messe dominicale. Ils ne sont plus que 5 %, aujourd’hui. Selon Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ, « la France conserve les formes extérieures d’une civilisation chrétienne », notre patrimoine, notre calendrier, nos expressions sont là pour nous le rappeler, mais faut-il se fier aux apparences quand, en réalité, « elle s’est peu à peu vidée de son intériorité spirituelle, de la foi ». (cités par Boulevard Voltaire, « site d’actualité politique et générale ouvert à toutes les sensibilités de la droite conservatrice »)
1-L’ECLJ a été fondé par Jay Sekulow (en) et Patrick Monaghan, deux avocats américains membres de l’American Center for Law & Justice (en) (ACLJ), une organisation conservatrice militante américaine, d’inspiration chrétienne, laquelle a été créée en 1990 par le télévangéliste Pat Robertson,
