Appel au chanoine Kir : Reviens ! Ils sont devenus fous !

Le très réactionnaire maire de Chalon-sur-Saône a édicté un règlement intérieur qui interdit le port de « tout signe religieux ostensible » (le voile) lors des séances du conseil municipal.

La juge du tribunal administratif de Dijon, statuant en référé, lui a donné raison. Une séance du Conseil municipal serait « une autorité administrative de la République française laquelle s’applique le principe de neutralité ».

Le vin de Bourgogne n’a pourtant pas la réputation de monter à la tête !

Dans une tribune du Monde, publiée le 21 mars, Nicolas Cadène, cofondateur de la Vigie de la laïcité, rappelle que si la loi du 9 décembre 1905 « impose la neutralité à l’administration publique, ses agents, ainsi qu’à celles et ceux qui exercent une mission de service public ou représentent directement l’administration, elle garantit au contraire la liberté de conscience et son expression, sous les seules restrictions nécessaires à l’ordre public, à tous les autres – parmi lesquels figurent, bien sûr, les élus. »

« Jamais la laïcité n’a supposé la neutralité des élus, sauf lorsqu’ils exercent une fonction administrative déterminée. Ainsi, lorsqu’un maire ou un adjoint célèbre un mariage, il agit en tant qu’officier d’état civil: il est dès lors soumis au principe de neutralité. Il en va de même lorsqu’il agit en tant qu’officier de police judiciaire ou lorsqu’il représente officiellement l’administration communale lors d’une cérémonie religieuse. »

Et nos bourguignons égarés devraient se souvenir que le chanoine Kir fut maire de Dijon entre 1945 et 1968, qu’il portait régulièrement la soutane, en mairie comme à l’Assemblée nationale. Comme plus de 400 parlementaires, également ministres du culte.

Alors, rendons hommage à celui qui a donné son nom à un apéritif (1/5ème de crème de cassis de Dijon et de 4/5ème de bourgogne aligoté), reprenant une recette d’Henri Barabant, ancien maire de Dijon, socialiste et laïque convaincu au début du siècle dernier. Il présida longtemps la fédération départementale de la Ligue des droits de l’Homme, et milita à la Libre Pensée. Le groupe de Libre Pensée de Dijon lui a rendu hommage en prenant son nom.