Entre 2021 et 2023, la statue saint Michel aux Sables-d’Olonne (Vendée) a suscité une importante polémique, qui a dépassé le cadre local pour prendre une dimension nationale. Un combat mené par la Libre Pensée de Vendée. Désormais, elle a aussi un groupe aux Sables-d’Olonne.

La Libre Pensée a recréé un groupe aux Sables-d’Olonne (Vendée), nommé L’Églantine, comme à sa création en 1913. L’association s’était déjà fait connaître localement lors du long feuilleton judiciaire autour de la statue saint Michel.
Pourquoi la Libre Pensée est particulièrement connue aux Sables-d’Olonne ?
Parce qu’elle a été au cœur de l’actualité entre 2021 et 2023. C’est elle qui avait saisi la justice suite à l’installation de la statue saint Michel sur l’espace public. Un long feuilleton judiciaire de deux ans avait suivi, largement médiatisé, suscitant même un emballement national.
La justice avait donné raison à la Libre Pensée au nom de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État.
Mais la bataille ne s’était pas seulement jouée dans les tribunaux. L’ancien maire Yannick Moreau (divers droite) en avait fait un combat personnel et la séquence avait été ponctuée de manifestations, d’une votation auprès des habitants, d’une campagne d’affichage et même de la récupération de la polémique par l’extrême droite, avec la venue d’Eric Zemmour, lors de la campagne de l’élection présidentielle.
De quoi marquer les esprits. Au final, la statue avait été déplacée de 13 mètres sur un terrain vendu par la Ville à la paroisse.
Pourquoi la Libre Pensée s’installe aujourd’hui ici ?
Il s’agit plus précisément d’un retour puisqu’un groupe a existé aux Sables-d’Olonne entre 1913 et 1988, sous le nom de l’Églantine, qu’il reprend aujourd’hui. Ensuite, une fédération départementale a pris le relais. Jusqu’à la création d’un nouveau groupe aux Sables en cette année 2026.
Elisabeth de Rorre, l’une de ses membres, explique que « c’est le problème de la statue saint Michel » qui l’a « motivée. L’élément déclencheur, c’est cette fameuse campagne d’affichage » (N.D.L.R. : avec le slogan « Les Sablais et leur ville, une histoire indéboulonnable » au-dessus d’une photo de la statue). « Je me suis sentie associée à un courant de pensée qui me semblait faux. Puis on s’est rendu compte que la notion de laïcité pouvait être mal connue », « malmenée », ajoute Claudine Durey, « voire falsifiée », appuie Marie Ardisson. Elles ont décidé de faire revivre ce groupe.
La Libre Pensée a-t-elle des sujets de préoccupation locaux ?
Oui, elle compte s’intéresser particulièrement « aux subventions aux écoles privées, on y sera très attentifs ». Le groupe participera également au Printemps de la laïcité, le 23 mai place du Tribunal, avec des stands d’information de différentes associations. Pour elle, « il est important de remettre en face de la laïcité des définitions précises en raison des discours haineux qu’on entend vis-à-vis de telle ou telle religion ».
Y a-t-il des libres penseurs célèbres aux Sables-d’Olonne ?
Oui, c’est le cas de Séraphin Buton, dont une rue porte le nom. « Il a été un des premiers à dire non à Pétain », rappelle Claudine Durey, ce qui vaudra à l’élu d’être « mis à la porte du conseil municipal par le préfet ». Résistant, membre du conseil départemental de la Libération, il a ensuite été maire du Château-d’Olonne de 1947 à sa mort, en 1966.
Publié par Ouest France le 12/05/2026
