(titre du Télégramme après l’incendie de deux conteneurs touchés par un drone dans la base accueillant des militaires français à Abou Dhabi le 1er mars)
« Ce n’est pas quand les peuples auront vu monter l’orage et qu’à demi foudroyés ils en pourront agir, c’est avant qu’ils doivent user de tous les moyens, parmi lesquels l’action la plus pratique, la plus émouvante est la grève générale de dressant contre la guerre. »
(Jean Jaurès, 7 juin 1914)

Le monde entier, sous l’impulsion des économies dominantes de l’impérialisme, s’oriente vers la marche à la guerre. Ce n’est pas encore l’économie de guerre généralisée ; c’est déjà l’économie des industries d’armement. Économie bien peu « nationale », après la privatisation de l’ »arsenal d’État » (la France importe toutes les munitions de petit calibre). Les processus de fusion, de prise de contrôle, de concentration battent leur plein.
C’est la guerre économique, pour tenter de valoriser la masse étouffante de crédits spéculatifs qui ne trouvent plus un taux de profit suffisant dans la production. La marche à la guerre est le produit de la crise du capitalisme.
Lorsque l’argent public est mis au service des industriels, on en connaît les conséquences sociales.
Nous sommes devant un dispositif complexe et articulé. Il combine développement de l’armée de métier, production d’armements, militarisation de la jeunesse, qui ne trouve plus d’avenir, destruction des libertés.
« Accepter de perdre ses enfants« : la déclaration du chef d’état-major des armées du 18 Novembre 2025 a provoqué un sentiment d’indignation. La jeunesse est la première cible.
- Proposition de loi Blanchet visant à inscrire dans la loi un enseignement à la défense nationale, adoptée en première lecture le 27 janvier et actuellement au Sénat. « Il peut associer des intervenants issus des réserves opérationnelles ou citoyennes et, le cas échéant, les correspondants défense désignés par les communes, dans des conditions définies par le ministre chargé de l’éducation nationale et par le ministre de la défense.
- Et l’implication de l’armée passe par de multiples initiatives en relation avec l’école ou le périscolaire : préparation militaire, journées sports armée-jeunesse, stages de 3ème dans l’armée, classes de défense, cadets de la défense (13 à 16 ans), cordées de la réussite (Accompagnement scolaire, sorties culturelles et sportives encadrées par des « tuteurs » militaires).
- Enfin, le nouveau service militaire volontaire (actant l’échec du SNU).
L’armée cible d’abord les jeunes les plus vulnérabilisés par une société qui organise l’exclusion.
Le dispositif Vigie-Pirate nous a habitué à la présence des militaires dans nos rues, nos gares… Mais il concerne aussi le signalement des cas suspects de radicalisation (religieuse, politique…).
Le régime de l’état d’urgence a été mis en œuvre entre 2015 et 2017 pour être, de fait, pérennisé par la loi du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme.
Le principe d’un «état d’alerte de sécurité nationale»a été adopté par l’assemblée dans le cadre de la loi de programmation militaire. Il s’ajoutera aux autres dispositifs d’exception existants comme l’état d’urgence, l’état de siège ou les pouvoirs exceptionnels prévus par l’article 16. « Art. L. 2143 1. – L’état d’alerte de sécurité nationale peut être déclaré, sur tout ou partie du territoire national, par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle : 1° Pesant sur la sécurité nationale, notamment la continuité des activités essentielles à la vie de la Nation et la protection de la population ; 2° Ou de nature à justifier la mise en œuvre des engagements internationaux de l’État en matière de défense ; 3° Ou de nature à justifier le déploiement à bref délai sur le territoire national des forces armées et des formations rattachées françaises ou de forces alliées en vue de leur mise en condition d’emploi ou de leur emploi.
Ce régime peut en, particulier prescrire toute mesure réglementaire ou individuelle relative à l’organisation et au fonctionnement du système de santé.
L’armée est au centre. Certes, elle n’est pas chargée de l’ordre intérieur (bien que la Gendarmerie soit une arme). Mais on se rappellera qu’à la Libération, elle a constitué le point d’appui permettant à De Gaulle de restaurer la légalité ante face au double pouvoir en train de se constituer dans la phase insurrectionnelle née de de la Résistance.
