Edgar Morin, infatigable résistant

De plus en plus d’hommages pour ce résistant : qui distillait des paroles sages et réfléchies sur les plateaux télé, à l’inverse de la plupart des invités des plateaux d’aujourd’hui qui mentent ou qui racontent n’importe quoi. Sa parole était réfléchie. Militant antifasciste, résistant, journaliste et chercheur, en 1941 il rejoint la résistance en même temps que le PCF. En 1946 il publie « L’an zéro de l’Allemagne » car il s’intéresse au psychisme du peuple allemand. Puis il intègre le CNRS en 1950 où il fera toute sa carrière.

Puis acte de désamour et de déception avec le parti de Maurice Thorez. Il poursuit ses travaux au CNRS dans les années 1950 et 1960. En 1968 : il publie une étude sur l’évolution et la modernisation du village de Plozévet (29). Il s’opposera à la guerre d’Algérie et défendra la Palestine. En 1982 dans « Sciences avec conscience » il théorise le concept de « la pensée complexe » et fait appel à plusieurs sciences pour expliquer les phéno-mènes étudiés, car « Nos connaissances sont compartimentées alors qu’elles devraient être liées ». « ..mais pour comprendre les attitudes des hommes face à la mort, il y a aussi la biologie, l’histoire, l’étude des civilisations, la psychologie, la littérature… ».

C’est cette méthode globale qui court tout au long de la rédaction de son œuvre majeure : « La méthode ». Il a disséqué « la rumeur d’Orléans » qui laissait croire que des jeunes filles étaient enlevées dans des salons d’essayage de commerçants juifs en vue d’être prostituées.

Il y avait de l’anarchiste chez cet intellectuel qui avait un esprit de résistance et qui militait pour le croisement des savoirs à l’abri des simplismes.

Edgar Morin n’avait rien d’un écorché porté à la lamentation mais était tout simplement rebelle à la « cruauté du monde » qui lui dictait une mission : celle des citoyens = résister ! 

 Merci Monsieur Morin !