Le maire de Sarzeau a inauguré le bâtiment communal rénové Robert Hiebst. Son faîtage s’orne d’une croix, héritage de la congrégation qui en était propriétaire. La Libre Pensée a écrit deux lettres, polies et argumentées, pour demander que cette croix soit supprimée.
En effet, le bâtiment est devenu propriété communale en 1972, bien après le vote de la loi de séparation du 9 décembre 1905. Il n’avait pas de rôle cultuel, étant à usage d’enseignement. Il rentre dans le champ de l’article 28 de la loi, qui proscrit à l’avenir tout symbole religieux sur les monuments publics ou les emplacements publics.
Comme le rappelle Jean-Marc Sauvé, Vice-président du Conseil d’État dans une interview au journal La Croix en 2017 à la suite de l’arrêt du Conseil d’État relatif au monument à Jean-Paul II à Ploërmel, « La loi préserve l’ensemble du patrimoine religieux tel qu’il existait avant la loi de 1905. Pour les signes ou emblèmes religieux élevés dans les espaces publics après 1905, cette loi a posé un clair principe d’interdiction, sauf pour les lieux de culte, les cimetières et les musées. »
Chacun cherchera à laquelle des trois catégories mentionnées le bâtiment se rattache.
Bien évidemment, cette croix aurait dû être supprimée dès l’entrée du bâtiment dans le patrimoine communal. La loi de 1905 est une loi de liberté, pour les cultes, comme pour les citoyens, ce qui implique la neutralité du domaine et des bâtiments publics.
Le pardon des offenses est une règle de comportement qui fait société, indépendamment des croyances religieuses ou autres.
Alors, Monsieur le maire, encore un effort pour devenir un maire républicain, respectueux de la liberté de conscience des citoyens de Sarzeau.
